Moment présent / amour / peur ?

Histoire tirée du livre d’Osho : LE COURAGE
Cette Histoire aurait été racontée par un vieux moine zen.
Il se trouvait sur son lit de mort. Son dernier jour était arrivé. Il déclara que le soir même il ne serait plus là. Alors, les adeptes, disciples et amis se mirent en route. Beaucoup l’aimaient, ils commencèrent à arriver de partout.
Quand il entendit que son Maître était sur le point de mourir, un de ses vieux disciples courut jusqu’au marché. Quelqu’un lui demanda : « Le Maître est en train de mourir dans sa hutte, pourquoi courez-vous au marché ? » Le vieux disciple répondit : « Je sais que mon Maître aime une certaine sorte de gâteau, alors je vais l’acheter. » Il lui fut difficile de trouver ce gâteau,
mais il y parvint quand même avant le soir. Il revint avec le gâteau en courant. Tout le monde se faisait du souci. C’était comme si le Maître attendait quelqu’un : il ouvrait les yeux pour regarder et les refermait. Quand son disciple arriva, il lui dit « Très bien, alors tu es arrivé. Où est le gâteau ? » Le disciple le montra – il était très heureux que le Maître le lui ait demandé.
En mourant, le Maître prit le gâteau dans sa main ... mais sa main ne tremblait pas. Il était très vieux, mais sa main ne tremblait pas. Alors quelqu’un s’exclama : « Vous êtes si vieux, juste sur le point de mourir. Vous allez bientôt pousser votre dernier soupir, mais votre main ne tremble pas ! » Le Maître répondit : « Je ne tremble jamais, parce qu’il n’y a aucune peur. Mon corps a vieilli, mais je suis toujours jeune et je resterai jeune, même quand ce corps sera loin. » Puis, il prit une bouchée du gâteau et le mâcha. Alors quelqu’un demanda : « Maître, quel est votre dernier message ? Vous allez bientôt nous quitter. De quoi voulez-vous qu’on se souvienne ? » Le Maître sourit et dit : « Ah, ce gâteau est délicieux ! »
Voila un homme qui vit dans l’ici et maintenant : Ce gâteau est délicieux ! Même la mort n’a aucune importance. Ce moment, ce gâteau, sont délicieux. Si vous pouvez être dans le moment, dans ce moment présent, dans cette présence, dans la plénitude, alors seulement vous pouvez aimer. L’amour est une floraison rare. Il ne se produit que de temps en temps. Des millions et des millions et gens pensent faussement qu’ils sont des amoureux. Ils croient aimer, mais c’est
seulement une croyance. L’amour est une floraison rare. Parfois, il se produit que chez une personne très profondément spirituelle et religieuse. Le sexe est possible pour tous. La relation est possible pour tout le monde. Pas l’amour. Quand vous n’avez pas peur, vous n’avez rien à cacher. Vous pouvez être ouvert, vous pouvez ôter les barrières. Alors vous pouvez inviter l’autre à pénétrer dans votre cœur le plus intime. Et souvenez-vous que si vous permettez à quelqu’un de vous pénétrer profondément, il vous permettra de le pénétrer en retour. Permettre à quelqu’un de vous pénétrer, c’est créer la confiance. Quand vous n’avez pas peur, l’autre perd sa peur. Dans votre amour, la peur est toujours là. Le mari craint sa femme. La femme craint son mari. Les amoureux ont toujours peur. Alors, ce n’est pas de l’amour. Ce n’est qu’un
arrangement entre deux personnes peureuses, dépendantes l’une de l’autre, se bagarrant, s’exploitant, se manipulant, se contrôlant, se dominant, se possédant. Mais ce n’est pas de l’amour. Si vous pouvez permettre à l’amour de se déployer, il n’y a aucun besoin de prière, il n’y a aucun besoin de méditation, il n’y a aucun besoin d’église ni de temple. Si vous pouvez aimer, vous pouvez totalement oublier Dieu, parce qu’à travers l’amour, tout vous arrivera : la méditation, la prière, Dieu. Tout vous arrivera. C’est ce qu’entend Jésus quand il dit que Dieu
est amour. Mais l’amour est difficile. Il faut laisser tomber la peur. Et c’est ce qui est étrange : vous avez tellement peur et vous n’avez rien à perdre. Le Mystique Kabir a dit quelque part : « Je regarde les gens ... ils ont tellement peur, mais je ne peux pas comprendre pourquoi, car ils n’ont rien à perdre. » Il a dit aussi : « Ils sont comme quelqu’un de nu qui ne se baigne jamais
dans la rivière, car il a peur, il ne sait pas où il pourra sécher ses vêtements. » C’est la situation dans laquelle vous vous trouvez : nu, dévêtu, mais toujours préoccupé par vos vêtements.
Qu’avez-vous à perdre ? Rien. Ce corps sera emporté par la mort. Avant que la mort ne l’emporte, donnez-le à l’amour. Tout ce que vous avez-vous sera retiré. Avant que cela ne vous soit retiré, pourquoi ne pas le partager ? C’est la seule façon de le posséder. Si vous pouvez le partager, le donner, vous êtes le maître. Cela vous sera enlevé. Il n’y a rien que vous
puissiez retenir éternellement. La mort détruira tout.
Ainsi, si vous me suivez correctement, la bagarre se trouve entre la mort et l’amour. Si vous pouvez donner, il n’y aura pas de mort. Avant que quoi que ce soit ne puisse vous être retiré, vous l’aurez déjà donné : vous en aurez fait cadeau. Il ne peut pas y avoir de mort. Pour les amoureux, il n’y a pas de mort. Pour celui qui n’aime pas, chaque instant est une mort car, à chaque instant, quelque chose lui est dérobé. Le corps disparaît, il perd chaque instant. Alors, il y aura la mort et tout sera annihilé.
De quoi avez-vous peur ? Pourquoi avez-vous si peur ? Même si on connaissait tout à votre sujet et que vous étiez comme un livre ouvert, pourquoi avoir peur ? Comment cela peut-il vous blesser ? Le fait d’avoir à vous cacher, à vous protéger, à être constamment d’humeur combative, que tout le monde soit votre ennemi, que tout le monde soit contre vous, ne sont
que des conceptions fausses, des conditionnements imposés par la société. Personne n’est contre vous ! Même si vous avez l’impression que quelqu’un est contre vous, il ne l’est pas, car chacun est concerné par soi-même, pas par vous. Il n’y a rien à craindre. Il faut réaliser cela avant qu’une relation réelle ne puisse se produire. Il n’y a rien à craindre.
Méditez cela. Puis permettez à l’autre d’entrer en vous. Invitez-le à entrer en vous. Ne créez pas de barrière où que ce soit. Devenez un passage toujours ouvert, aucune serrure, aucune porte, aucune porte fermée. Alors, l’amour est possible.
Quand deux centres se rencontrent, il y a amour. Et l’amour est un phénomène alchimique. Quand l’hydrogène et l’oxygène se rencontrent une chose nouvelle est créée, l’eau. Vous pouvez avoir de l’hydrogène. Vous pouvez avoir de l’oxygène. Mais si vous avez soif, ils seront inutiles. Vous pouvez avoir autant d’oxygène que vous voulez, mais votre soif ne sera pas apaisée. Quand deux centres se rencontrent, une chose nouvelle est créée. Cette nouvelle chose, c’est l’amour. C’est tout comme l’eau. La soif de nombreuses vies est assouvie. Soudain, vous êtes content : c’est le signe visible de l’amour. Vous êtes content, comme si vous aviez tout atteint. Désormais, il n’y a plus rien à atteindre. Vous avez atteint le but. Il n’y a plus d’autre but. La destinée est accomplie. La graine est devenue une fleur : elle s’est totalement épanouie.
Un profond contentement est le signe visible de l’amour. Quand une personne est amoureuse, elle a un profond contentement. L’amour ne peut pas se voir, mais le contentement, la profonde satisfaction autour d’elle, chaque souffle, chaque mouvement, son être même, tout est content. Vous êtes surpris quand je vous dis que l’amour rend sans désir. Mais le désir vient avec le mécontentement. Vous désirez parce que vous n’avez pas. Vous désirez parce que vous pensez
qu’avoir quelque chose vous donnera du contentement. Le désir naît du mécontentement.
Quand l’amour est là, quand deux centres se sont rencontrés, dissous, fondus et qu’une nouvelle qualité alchimique est née, le contentement est là. C’est comme si toute l’existence s’était arrêtée – aucun mouvement. Alors, le moment présent est le seul moment. Et vous pouvez dire : « Ah, ce gâteau est délicieux ! » Même la mort ne signifie rien pour un homme qui est en amour.

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